NOTRE DAME DU BON SECOURS, un peu d'histoire...

 

 

 

Les premières mentions historiques du village de la Guérinière remontent à 1412.

L'origine de son nom (selon l'historien Claude Bouhier), viendrait d'une famille Guérin attestée en 1390.

 

         Mais c'est au XVIIIème siècle, lorsque qu'Auguste Jacobsen poldérisa le côté nord de la baie de Bourgneuf : 64 ha à la nouvelle brille en 1829 puis 144 ha à la Tresson en 1833, que de nouveaux habitants vinrent s'implanter pour cultiver sur ces nouvelles terres fertiles desquelles ils espéraient beaucoup et développèrent l'importance du hameau ;

 

         Tout le pays vendéen avait été profondément marqué par les Guerres de Vendée et elles avaient ancré ferveur et pratique religieuses dans de nombreuses familles ; aussi, dès qu'il y avait regroupement de population, il y avait une volonté forte de créer un lieu de culte qui éviterait de longs et pénibles déplacements pour permettre aux habitants de participer aux offices religieux.

 

         C'est  dans ce contexte que l'église de la Guérinière fut construite entre 1827 et 1829 ; il s'agissait alors d'une construction modeste par sa taille et ses matériaux,  réalisée par les habitants eux-mêmes elle ressemblait alors plutôt à une chapelle qui,  faute d'argent qu'elle avait été  édifiée sans clocher.

 

Elle était alors rattachée à la paroisse Saint Nicolas de Barbâtre.

 

En  1838, après de nombreuses requêtes auprès du Ministère des affaires ecclésiastiques, de l'Evêque de Luçon et le ferme soutien de Jean-Corneille Jacobsen, Maire de Noirmoutier,  qu'en remerciement aux habitants soutenus  par le curé Maynard, parce qu'ils avaient contribué à réparer les digues de Pulant rompues par la mer, l'église  était érigée en paroisse et un conseil de fabrique était constitué.

 

C'est donc autour de la paroisse que la vie du bourg était organisée, puisque c'est seulement  en 1919 que Raymond Poincaré érigera la Guérinière en commune.

 

Des dons de paroissiens et le soutien du conseil municipal de Noirmoutier constitueront un pécule suffisant pour permettre de poursuivre la construction voire la reconstruction de l'édifice et son agrandissement ; C'est ainsi qu'au gré des moyens collectés, des travaux important étaient entrepris successivement en 1874/1875 et 1896/1897 et l'Eglise pratiquement reconstruite sur une base architecturale romane à contreforts, oculus  et ouvertures en verres ; des voûtes en plein cintre couvrant une nef principale et deux bas côtés portés par des piliers dont l'ornementation pauvre témoigne du peu de moyens financiers qui manquèrent d'ailleurs pour construire un véritable clocher...et  c'est seulement en 1947 que la Municipalité de l'époque décida de la construction d'un campanile pour abriter les cloches et... une horloge et en 1949 une voûte viendra coiffer les fonds baptismaux.

 

        

         Entre 1948 et 1958, les vitraux simples étaient remplacés par des vitraux représentant des scènes religieuses, certains furent offerts par des paroissiens guernerins. Leur réalisation avait été  confiée à Monsieur Degas,  maître verrier de Mortagne sur Sèvre.

 

         Le 28 février 1958, une statue de la Vierge à l'Enfant est installée dans la niche principale du fronton. Faute de moyens financiers, la municipalité avait opté pour un moulage en pierre reconstituée. L'usure du temps eu raison de son scellement, et fin 2011, lors d'un mauvais coup de vent,  sa chute fut fatale !

 

En 1962, les enduits intérieurs chargés de salpêtre furent enlevés, les pierres brossées et laissées apparentes, le sol carrelé, le chemin de croix restauré et la polychromie remplacée par une teinte unie « pierre », le chœur et le grand autel réaménagés avec la suppression des stalles, des grilles et de la chaire.

 

Entre 1984 et 1990, c'est la baie du chœur qui fera l'objet d'importants travaux avec des changements de meneaux, une reprise des jambages de soubassement, un changement des tirants et la restauration des vitraux.

 

Des travaux d'entretien furent régulièrement programmés tant sur la toiture que sur les enduits extérieurs et un système de chauffage installé en 1984, mais jamais le corps de l'édifice n'avait été concerné par une rénovation, et il y avait urgence à agir : les vitraux avaient dû être sécurisés et le bâtiment, réalisé en  différentes étapes avec des techniques et des matériaux différents qui cohabitaient mal entre eux se fragilisait dans son ensemble.  Le diagnostic était sans appel, il fallait envisager  des travaux d'envergure ; c'est le choix que fit la municipalité en 2005 ; en parallèle, avec le soutien de la Fondation du Patrimoine, elle  lança une souscription  qui permit de collecter 25 000 €  la fondation abonda du même montant. L'importance des travaux qui se chiffra à 1,2 millions d'euros, nécessita la fermeture de l'édifice pendant presque trois années entre 2008 et 2011.

 

En 2016, à l'initiative de l'Association Noirmoutier Patrimoine qui mobilisa des fonds de donateurs, une statue en pierre taillée fut commandée au sculpteur vendéen  Alexandre  Lamotte ; réalisée au plus près de l'original, elle fut scellée dans la niche en juin 2017.

 

         Cette église est bien sûr avant tout un lieu de culte et de recueillement, mais elle est aussi le témoin majeur de l'histoire de notre commune, et puis bien sûr le témoin, la confidente,  la mémoire  de vies guernerines remplies de joies et de peines.