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Au revoir Jacques,

Au revoir Jacques,

Jacques Oudin était Noirmoutrin de cœur ; il était bien sûr encore plus attaché à La Guérinière et à la Noure où il résidait régulièrement dans une propriété familiale réunissant chaque été toute la fratrie, comme l’avait souhaité sa mère lorsqu’elle avait acheté à " La Guillet " ce terrain dunaire et forestier de la Pointe de la Loire.

Jacques Oudin s’impliqua très vite dans la vie publique locale et fut conseiller Municipal à la Guérinière sans discontinuer de 1977 à 1995 avec René Ganachaud, et de 1995 à 2008 avec Philbert Palvadeau et enfin de 2008 à 2014 avec moi.

Très vite sensibilisé aux changements qu’allait générer la construction du Pont ouvert en 1971, il s’appuya sur le SIVOM créé en 1966 et dont il prit la présidence en 1977 pour poursuivre la politique engagée en faveur d’aménagements structurants sur l’Île, convaincu qu’ils deviendraient vite nécessaires aux  besoins liés au développement du tourisme et des résidences secondaires : développement du réseau d’eau potable, du réseau d’assainissement, des stations d’épuration et du réseau de refoulement, d’une déchetterie, de l’acquisition des bandes foncières pour renforcer l’entretien des ouvrages de protection contre la mer après l’inondation du polder de Sébastopol en 1978, de la zone d’activités des Mandeliers et  également des infrastructures routières de l’Île.

 Avec la création du Syndicat Mixte d’aménagement des Marais (SMAM) il facilita l’aménagement de zones aquacoles et conchylicoles de l’Île qui permirent aux professionnels de développer leurs activités dans le respect des normes sanitaires européennes. C’est dans ce même esprit de préservation et de valorisation des milieux qu’en 1990 il créait l’Association pour le Développement du Bassin Versant de la Baie de Bourgneuf qui à l’échelle du bassin versant porte encore aujourd’hui la politique de gestion de l’eau et de la gestion du patrimoine naturel dans le cadre du programme Natura 2000.

Il fut aussi l’initiateur « visionnaire » d’un modèle unique de plan d’occupation des sols (POS) pour les quatre communes de l’Île permettant de préserver les milieux naturels et littoraux de l’urbanisation.

C’est encore lui qui, en 1993, s’inspira de l’idée de Jean Pierre Soisson créa la Maison de l’Emploi  et me donna l’occasion de travailler sous sa direction de 1995 à 2007.

Jacques Oudin,  au travers de ses implications politiques nationales et départementales rappelées dans de nombreux témoignages, a toujours su, avec beaucoup de volontarisme,  donner de belles longueurs d’avance à l’Île de Noirmoutier pour l’équiper tout en la protégeant. Il avait en effet une capacité « hors normes » pour mobiliser les financements, qu’ils fussent européens, nationaux, régionaux ou départementaux.

Merci Jacques pour ce que vous avez apporté à Noirmoutier ; toutes celles et tous ceux qui vous y ont connu et rencontré se souviennent et se souviendront longtemps encore de l’Homme infatigable et de son énergie sans faille pour défendre les idées et les dossiers qu’il portait.

                                    Marie-France Léculée
                                    Le 22 mars 2020