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Claude Bouhier, historien de l’ile de Noirmoutier est décédé le 22 janvier 2021 à l’âge de 93 ans. Né sur l'île d'un père instituteur, professeur d'hitoire en université, il est devenu une des personnalités de l'association d’histoire de l'ile de Noirmoutier : « les amis de Noirmoutier ». Successivement rédacteur de la publication de l'association puis président d'honneur pendant de longues années. Passionné par l’histoire de l’île, il fera en 2012 un document sur  l’histoire de La Guérinière :

La commune de La Guérinière du moyen-âge à nos jours

La Guérinière n’est pas née en 1919 quand, après une première demande en 1908 rejetée, l’Etat en fit une commune et fit de même pour l’Epine, en démembrant la vaste commune de Noirmoutier. En fait, le territoire de La Guéri­nière avait bénéficié d’un précédent démembrement, celui de la commune de Barbâtre supprimée en 1798 -après les événements que l’on sait (l).

Avant 1790, l’île comprenait deux paroisses seulement, Saint-Philbert de Noirmoutier et Saint-Nicolas de Barbâtre, chacune élisant un syndic, préfiguration du maire, mais l’île était représentée par un syndic général aux compétences proches du conseiller général actuel. On comprend que les créations de paroisses ou de communes ne se font pas par hasard. Leurs frontières, leurs limites, ont une fixité sou­vent étonnante : la frontière nord de La Guérinière est le cours de l’étier des Coex, c’était déjà la frontière entre les paroisses de Noirmoutier et de Barbâtre au XIIe siècle ! Au sud, la grande dune de la Tresson resta inhabitée entre le Matois et la Mai­son rouge pendant des siècles jusqu’à ce que Auguste Jacob­sen entreprit les desséchements de la Nouvelle Brille et de la Tresson dans les années 1830 et, quand on recréa la commune de Barbâtre en 1856, les réticences des conseillers municipaux de Noirmoutier et celles du maire Auguste Jacobsen furent vives et l’isthme de la Tres­son resta à Noirmoutier et par conséquent à La Guérinière (2).

Quand La Guérinière entre-t-elle dans l’his­toire, c’est-à-dire quel est le plus ancien document qui cite ce nom ? En 1412, un document seigneurial signale que c’est un village, mais le Bot est mentionné dès 1231. Il faut attendre 1360 environ pour connaître l’existence du village et du port des Coex et 1380 pour celle du village des Fiers (3). Le terroir est mis en valeur aux XIIe et XIIIe siècles. Deux grands desséchements sont réalisés au sud de l’étier et beaucoup de plus petits. Des chemins publics sont aménagés sur les plus grosses chaussées, un moulin à eau est construit, une cinquantaine de marais salants sont mis en culture ; des vignes et des terres arables occupent de vastes étendues au Fier et aux Eloux. Les seigneurs suc­cessifs créent des fiefs dont les tenants participent aux investis­sements, c’est l’intérêt de tous. Les fiefs de Frand, de Bremaud, de la Jousselinière sont les prin­cipaux. Il faut citer la participa­tion des Trinitaires de Beauvoir-sur-mer qu’on appelle aussi les Mathurins, spécialisés dans le rachat des marins capturés par des pirates. Le seigneur, vers 1260 leur concède de grands espaces dont ils vont faire des marais salants nommés Marais Bonshommes, Minitre et autres à côté du village des Coex, ils auront également une maison à La Guérinière même (4). Au moment de la Grande Trève de la guerre de Cent ans, la popula­tion se répartit en deux villages assez séparés : La Guérinière et le petit groupe du Fier et des Eloux, d’importances à peu près égales (5). Il y a un repère topo­nymique de cette période-là, les noms en -ère comme la Guéri­nière. On retrouve des noms de famille encore présents dans la commune comme les Fouasson dans la Fassonnière, petit ma­rais près de la zone artisanale, les Raguideau (la Raguide­lière), les Lemoine (les Mande­liers), etc...La Guérinière est au départ le nom de la ferme d’un certain Garin devenu Guérin(6).

Les sources d’archives sont nombreuses et souvent inédites. Les archives des La Tremoille connues sous le nom de Chartrier de Thouars se trouvent aux Archives natio­nales et, dans l’île même, des documents publics sont consul­tables dans de nombreux en­droits dont aux Amis de l’Ile de Noirmoutier. Evidemment, les archives départementales à La Roche-sur-Yon sont un pas­sage imposé à tout chercheur. Les publications sur La Guéri­nière sont au moins au nombre de vingt-sept. Auguste Bertho­mé, Clément Corbrejaud (de la même classe 47 que l’auteur), Gaby Soulard, Sophie Péreira, Claude Orger et Gisèle Cou­lombeau, pour qui on doit avoir

la plus vive admiration, ont publié des choses qui ont eu beaucoup de succès. Charley Garet venait de rédiger ses mé­moires quand il nous a quittés. Il y a encore beaucoup à écrire.

Entrons dans le détail : La population, entre 1500 et 1700, se maintient autour de cinquante « feux », c’est-à-dire de l’ordre de 250 à 300 habitants, comme à l’Epine, au Viel et à l’Herbau­dière, mais à la moitié du bourg de Barbâtre par exemple. Du village de La Guérinière, on connaît assez bien de nombreuses maisons et les moulins. Il y a toujours eu de grosses mai­sons comme la Cour Rondeau et la Cour Charon qui portent le nom de deux familles de la ville. La première était à l’entrée de la rue de la Cour. Les Rondeau oc­cupaient le haut du pavé com­mercial de l’île au XVIe siècle et Charon était le régisseur de François de La Tremoille, mar­quis de Noirmoutier, à la fin du même siècle. Ces maisons étaient vastes avec une tourelle d’escalier pour desservir l’étage (7). Au début du XVIIe siècle, François Imbert prend le titre de sieur de La Guérinière et Sébas­tien Friou, celui de sieur du Pul­lant. De ce dernier, on connaît la description de ses propriétés en 1622 : des maisons basses et hautes couvertes de tuile et d’ardoise et un moulin à vent turquois, le tout en mauvais état (8). Trois moulins à vent rem­plaçant le moulin à eau sont construits dans des endroits venteux, à la fin du même siècle, à la pointe de la Loire, au Bot, en Pulant ; seul celui du Bot existe encore (9). Le village des Coex, dont on connaît tous les habi­tants jusqu’à l’abandon du site vers 1600, était une création de la famille Sorin, de la ville. Elle voyait bien que le commerce du sel devenait florissant et que de nouveaux marais allaient don­ner une production importante dans cette zone. Un village de quatre maisons dont une cou­verte d’ardoise, une auberge probablement fut construit ; un port aménagé dont on a retrouvé le quai, plusieurs tesseliers au bord de l’étier pour accueillir le sel pendant l’hiver - le seigneur en possédait un - un ensemble ambitieux. Malheureusement passer l’hiver dans cet endroit avait de quoi décourager les plus courageux ! Aller à la messe à Barbâtre quand les charrauds sont impraticables était quasi­ment impossible. Deux petits villages d’une ou deux maisons se trouvaient en Grand Marais et en Petit marais sur des buttes calcaires, ils sont attestés au XVe siècle seulement (10).

La nature est toujours me­naçante certes, le patois nomme ses excès des vi­mers. La partie du village qu’on appelle Pulant, située entre l’église et la mer, à l’ouest, fut submergée à trois reprises, en avril 1494, en 1838 et en 1885. A chaque fois, l’eau monta dans les maisons, rendit incultes les terres arables, emporta - en 1838 - le moulin pourtant pro­tégé par une petite digue. De l’autre côté, vers la Baie, le raz-de-marée de 1937 arriva jusqu’à la route nationale. Alors on ne cessa de construire des digues, de plus en plus hautes, avec la participation de l’Etat (11).

Contre les volements de sable, la lutte fut difficile jusqu’aux plantations de pins au XIXe siècle. Le village des Eloux a disparu progressi­vement au XVIIIe siècle et défi­nitivement en 1810, et avec lui une cinquantaine d’hectares de terres arables et de vignes. Ce cas se répéta un peu partout dans l’île et particulièrement à Barbâtre. Quand vous grimpez au Pé de l’Herce dans le bois des Eloux, vous savez que des maisons y sont englouties (12).

Le début de l’année 1791 sera, on ne l’a pas assez souligné, très important, car ce sera le plus grand trans­fert de propriétés dans toute la France quand sera décidée la mise en vente des biens natio­naux. Dans l’île, la première vente devait rapporter un mil­lion deux cents mille livres. Les guernerins se signalèrent par une initiative rare, même en France : six d’entre eux se grou­pèrent pour acheter le lot qu’ils convoitaient, le dixième lot du marquisat, fort de 83 boisselées de terre, 5 boisselées de prés et 152 oeillets de marais salants, le tout situé entre l’étier des Coefs et le bourg de La Guéri­nière. Ces six hommes ache­teurs potentiels étaient cinq laboureurs et sauniers nommés André et François Boucard et Jean-Pierre Laurant, tous trois du village de La Guérinière même ; Nicolas Guillet et Louis Sorin, du Fier ; un marin qui se nommait Jean Girard, du Fier également. Ils s’engagairent à payer le futur achat à parts égales. Cette vente qui eut lieu à Challans en mars 1791 susci­ta un énorme engouement dans

l’île. Trente-huit personnes firent le voyage dont quatre de nos guernerins. Quand le dixième lot arriva aux enchères avec un départ à 26000 livres, les guernerins attendirent. A la troisième enchère un Adrien enchérit à 40000 livres, Jean Girard, d’une voix forte, an­nonça 40100 livres et emporta le lot. Ils avaient fait une belle affaire ! Pourtant quatre d’entre eux revendirent leur part à de gros bourgeois de la ville, seuls Jean-Pierre Laurant et Nicolas Guillet ne vendirent pas, préfé­rant agrandir leurs propriétés. Le XVIIIe siècle avait été, à La Guérinière comme ailleurs en France, un siècle de prospérité et de liberté civile, l’ épisode ci-dessus en est l’illustration (13).

Les décisions de la Conven­tion en 1794 ont fait dé­molir quatre-vingt-quatre maisons du bourg de Barbâtre. Leurs habitants se sont réfu­giés à la Frandière et aussi à La Guérinière. Les armées ré­publicaines, pour enrayer une éventuelle invasion de l’île, ont construit un fort à l’entrée de la Tresson qui figure sur cer­taines cartes. Les Amis de l’Ile de Noirmoutier, ont en archive une lettre écrite dans ce camp en 1795, intéressante du point historique(14).Ces afflux de population étaient bons pour le commerce. Les desséche­ments de la Nouvelle-Brille et de la Tresson -réalisés par Auguste Jacobsen- ont agrandi le territoire de La Guérinière de bonnes terres fertiles et de ma­rais salants et attiré des cen­taines de travailleurs. La for­mation d’une paroisse en 1839 en fut la conséquence ainsi que la construction de quatre mou­lins sur la lande du Pérou, très visibles dans le paysage ! La population avait presque qua­druplé en cent cinquante ans. L’audace des habitants obsti­nés à posséder un lieu de culte, comme leurs voisins de l’Epine a été longuement contée par Clément Corbrejaud (15).

En l’absence de recherches sur les effectifs de marins, on n’est pas en mesure de dire combien de capitaines au long cours ou au cabotage, combien de cap-horniers sont originaires de La Guérinière ! Trois anciens cap-horniers ont été interviewés en 1985 : Louis Palvadeau, Pierre Palvadeau et Pierre Baud. Vingt ans plus tôt, on en aurait trouvé trois fois plus! Pierre Baud, qui fut votre maire, a impressionné par sa carrière et par sa volonté de transmettre, grâce à l’Ecole des pêches, son expérience aux jeunes marins de l’île. Auguste Berthomé a raconté l’histoire de L’Amiral Courbet, le caboteur de son père. Gaby Soulard et l’auteur de cette his­toire celle d’un marin embarqué sur la tristement célèbre fré­gate La Méduse en 1816 (l6).

Ceci nous mène à la première grande guerre mondiale, ter­riblement meurtrière. Sur le monument aux morts, on compte quarante-sept noms. Entre tous ces drames, Jean Brudieux, dans un article ré­cent sur la bataille de l’Yser, a dénombré cinq guernerins du régiment de fusiliers-marins du contre-amiral Ronarc’h, tués à Dixmude et Nieuport dont trois le 10 novembre 1914, avec cinq épinerins, un bar­bâtrin et des belvérins (17)!

Le nom d’une de vos rues rappelle l’exploit de Pierre Monnier. Il était embarqué sur un trois-mâts de Cancale, le Kléber. Ce navire revenait d’Angleterre chargé de char­bon destiné à La Rochelle. Le 22 août 1917, par le travers des Glénan, il fut attaqué par un sous-marin allemand. Le capitaine et le second du Kléber furent tués. Monnier, quartier-maître, prit le commandement.Avec beaucoup de ruse, il utilisa son petit canon et découragea le sous-marin. François Gana­chaud, dans son article, mon­tra que cet authentique exploit fut l’objet d’une publicité dans les jounaux de l’époque pour maintenir le moral de la France. Pierre Monnier et l’équipage furent décorés à Lorient d’une décoration anglaise et de la Légion d’honneur par le Pré­sident de la République, Ray­mond Poincaré lui-même (18).

L’entre-deux-guerres fut bien court, vingt années tout juste. Dés 1938, le gouvernement prévit l’exode des populations de la frontière avec l’Allemagne. Le plan fut exécuté avec d’immenses dif­ficultés en mai 1940. Les habi­tants du département des Ar­dennes devaient se replier sur la Vendée. A La Guérinière on accueillit les réfugiés de Thi­lay, gros village de mille deux cents habitants. Le souvenir de leur passage est encore vivace comme celui des ardennais ré­fugiés dans d’autres communes de l’île. Ils répartirent dès qu’ils le purent, à l’automne 1940 en général .... et ils reviennent de temps en temps (19).

La seconde guerre mon­diale à La Guérinière a été relatée par Clément Corbrejaud. Quand il eut seize ans, il décida d’écrire au jour le jour ce qu’il voyait et entendait. Sans lui, nous aurions oublié presque tout, sur la Cantine par exemple. D’autres articles de Clément ont été publiés dans la Lettre aux Amis (20). C’est, croyons-nous, le moment de mener des recherches sur les guernerins pendant cette guerre : huit hommes y ont perdu la vie, dont Constantin André; des résistants sur le conti­nent sont restés très discrets.

Pour la restauration du monument à la mémoire d’Auguste Jacobsen à la grande ferme de la Tresson, la municipalité et Gaby Soulard ont mobilisé la famille Jacobsen et cela eut des suites fécondes. Enfin, pour le Musée des arts et traditions populaires qui représente non seulement une immense collection de nos souvenirs d’enfance, mais aussi un beau spectacle presque vi­vant. Geneviève Coulombeau a su mobiliser la population de la commune selon la belle méthode de Georges-Henri Rivière. C’est aujourd’hui le musée de toute l’île dont le personnel, la mai­rie et l’association des Amis du musée assurent la continuité, la qualité et l’accroissement. Il faut y aller souvent. Un peu dans la même veine de l’utilisation du patrimoine (!) local, deux bloc­khaus des allemands ont trouvé une affectation remarquable.

NOTES

(1)- La demande d’érection de La Guérinière et de 1’Epine en communes formulée en 1908 au conseil municipal de Noirmou­tier a recu un accord de principe. Elle avait été faite par Frioux, adjoint. Etait-ce le capitaine au long cours de La Guérinière, frère de Zoé Couillon, photographe et éditrice de cartes postales ‘?

Voir Echo de S.Filibert, p 1853, n°140, 1908.

(2)- En réalité la limite avec l’Epine a subi plusieurs modifications aux Eloux et le long de l’étier des Coefs.

(3)-Le village de La Guérinière est mentionné en 1412 (Arch.Nat. 1 AP 1961, 15R°)

Donation à l’abbaye Blanche par Etienne Cacalon et sa femme en 1231: << La vigne appelée le Jomeau au Bot ». publication par A. Viaud-Grand-Marais. Notre-Dame de la B1anche...Luçon, 1890.

(4)- La participation des Trinitaires à la mise en valeur de l’ile n’a jamais été étudiée. Leur établissement principal à Beauvoir est le signe que Beauvoir au Xllle siécle est la capitale économique de la Baie. Voir Julien Rousseau. Beauvoir-sur-mer. Lucon, 1963, p 381 sq.

(5)-Le groupe le Fier, les Eloux comprend également de petits lieux comme le Bot, la Loire, 1’Aubouinière (la Bouiniére), etc...

(6)-Dix-huit noms de lieu de cette formation sémantique existants ou disparus de nos jours sont le signe que 18 habitants du village ont mis la main à la pelle pour creuser ou labourer ces endroits : la Joucailliere, la Roideliére, la Barbotiniere, la Georgelinière, la Guérinière, les Poinçonnières, la Savinière, la Maillotière, la Mi­gnardière, la Morissière, la Tribardière, la Bouinière, la Guignar­dière, les Mandelières, la Fassonnière, la Gabinière, la Billetière, les Echillières. L’orthographe du cadastre de 1832 a été utilisée la plupart du temps. Noms de personnes correspondant attestés dans les textes anciens : Jucail, Raguideau, Barbotin, Georgelin, Garin, Pinson, Savin, Maillot, Mignard, Maurice, Tribard, Aubouin,

Guignard, Moine ou Lemoine, Fouasson, Gabin, Billet. Il y a incertitude pour l’origine des Echillières.

(7)-A chaque génération, dans les communaurés villageoises, apparaissent de nouveaux notables qui sont la plupart du temps les plus gros propriétaires. A chaque fois leur demeure est plus grande et plus belle que les autres. Elle a les attributs de la richesse et du rang social : pigeonnier, tour, ornements divers. La Cour Charon se trouvait dans l’impasse de la Cloison (merci monsieur Boutolleau), la Cour Rondeau vraisemblablement a l’entrée de la rue de la Cour. Ce terme n’a d’ailleurs rien à voir avec la cour de justice de Noirmoutier, contrairement à ce qui a été avancé sou­vent. Les comptages de population se faisaient autrefois village par village en suivant les chemins. Le dénombrement était exprimé en « feux » imposables et chaque feu pouvait représenter une moyenne de quatre a six personnes environ.

En 1614 Armand Jolly, sieur de Charon, arrente ses propriétés à Louis Massé, sieur de la Barbelaye. ll se réserve à La Guérinière dans sa propriété « la chambre haute ou se trouvent les meubles, le cellier, l’étable et le grenier au-dessus, la moitie du jardin, le droit d’al1er et venir, les deux tonnelles qui sont en la cour de la maison ». La signification du terme « tonnelle » n’est pas ici absolument clair. Ce peut être deux tours (dont un pigeonnier) ou deux ton­nelles d’un beau jardin (A.N. Q1/1583, n°28 )

8)- Sébastien Friou, sieur du Pullant, vend à François Maublanc, sieur de la Rivière-Buy, ses maisons à La Guérinière « hautes et basses, couvertes de tuile et d’ardoise et le moulin turquois proche »(A.N. Ql/ 1588/5. 3e livre des insinuations, 16 janvier 1622). Julien Imbert, sieur de La Guérinière, et dame Marie Pineau, sa femme, vendent à Vincent Bouhier, sieur de Beaumarchais, sa maison noble de La Guérinière « ensemble le moulin carré situé proche »..(A.N. Q1/ 1588/5 , 21 novembre 1620)

(9)-Le moulin de Pulant a été détruit par le «vimer» de 1838, celui de la Loire par les allemands en 1943 pour construire une batterie (cf C.Bouhier.Le moulin de la Loire et ses abords. Dans Lettre aux Amis, n°144, 2006).Un autre moulin a existé en Pulant. Il est mal identifié dans les textes. Appelé << moulin carré >> il était peut-être un moulin petit pied comme celui de Revers aux Onchères à Barbâtre.

(10)- Cf C.Bouhier. Le village des Coex. Dans Lettre aux Amis, n°101, 1996, p 3-6 ; Alain Devineau a trouvé le quai peu après , n°102.

(11)- Les inondations ont été récurrentes, plus ou moins dévasta­trices. Celle de 1838 a frappé le village au coeur. Elle intervient au moment où on est près de la victoire dans le combat pour devenir paroisse et la mer arrive a la belle église toute neuve !

L’Echo de S.Fi1ibert a donné des détails sur les vimers de 1838, 1882, 1890 (p 1106, 1284, 1270). L’Etat prit en charge la construc­tion des digues de Pulant et du Bot.

(12)- La disparition du village des Eloux, de ses terres arables et de ses vignes a été progressive. Il a fallu deux siècles environ pour que les dunes soient nues, sans végétation. Les habitants et leurs animaux, pour survivre, ont arraché la végétation qui tenait les sables, soit pour faire du feu, soit pour faire paitre les moutons. En

1810, les derniers habitants partirent a 1’Epine ou à La Guéri­nière. Toutes les dunes de 1’ile subirent le même sort et se mirent a avancer au gré des tempêtes vers 1’intérieur des terres. Voir une description dans François Piet. Recherches sur l’ile de Noirmou­tier, Nantes, Veuve Mellinet, 1863, p 321.

(13)- C.Bouhier. Quels noirmoutrins achetèrent les biens natio­naux (1791-1796) ?

Dans Lettre aux Amis, n°137, 2005, p 2-16.

(14)- Pétition des soldats du 4e bataillon de Seine-et-Marne campé à La Guérinière en faveur de leur commandant en 1795 (Arch. Amis Noirmoutier, 11 EE 1)

(15)-Clément Corbrejaud. La Guérinière. L’église et la paroisse. Dans Lettre aux Amis, n°99, 1995, p2-14. Les guernerins ont voulu suivre l’exemple des épinerins qui avaient construit une chapelle en 1684 et obtinrent une paroisse en 1902. A La Guérinière, l’affaire alla plus vite puisque dix années suffirent.

(16)- C.Bouhier. Six noirmoutrins au Cap Horn. Dans Lettre aux Amis, n°60, 1985, p 3-14 ; Auguste Berthomé. Un voilier malheu­reux, l’Amiral Courbet. Dans Lettre aux Amis, n°97, 1991.

(17)- Jean Brudieux. Les fusiliers marins de Noirmoutier a Dix­mude (9 octobre-10 novembre 1914). Dans Lettre aux Amis, n°15 1, 2008, p 22-26.

(18)- F. Ganachaud. Aventure de Pierre Monnier. Dans Lettre aux Amis, n°11, 1973.

(19)- Sylvie Bouhier a étudié les réfugiés des Hautes Rivières, des Ardennes, hébergés dans la commune de Noirmoutier, selon les mêmes méthodes administratives qu’à La Guérinière.

(20)- C. Corbrejaud. La Guérinière pendant la guerre 1939-1945. Dans Lettre aux Amis, n°94, 1994, p 2-12.

Sources de l’histoire de La Guérinière dans les archives des Amis de l’Ile de Noirmoutier :

- 1 E 15 Etat des chaussées de La Guérinière et de Barbâtre.

- 62 E Fonds G. Coulombeau

- 73 E Fonds Claude Friou

- 32 EE Etat des services du capitaine Clouteau

Non coté encore: Fonds Guillet, de la rue Nationale.

Le fonds Jacobsen contient sous plusieurs cotes beaucoup de documents et de plans sur les desséchements de la Tresson et de la Nouvelle-Brille et leur exploitation.